21 | 07 | 2019

Les manifestations du 15 et 16 mars ont été une réussite : 350 000 manifestants. Avec une jeunesse particulièrement mobilisée. On y a vu des revendications qui demandent d’agir. Vite. Et qui mettent en cause le système (capitaliste) avec des slogans tels que : « C’est le système qu’il faut changer, pas le climat. Si le climat était une banque, on l’aurait sauvé. Pour de l’argent, ils tueraient terre et mer. Sauvons la banquise, pas les banquiers. Non aux légumes qui voyagent plus que moi »…

Et, pendant ce temps-là, la macronie agit. Mal. Évidemment elle ne remet en cause ni les racines du mal, ni le système. Et la France fait figure de mauvais élève avec un dépassement de 7 %, sur la période 2015-2018, des émissions de dioxyde de carbone par rapport aux engagements pris à la COP 21. Et faute d’une politique volontariste, le gouvernement s’attend déjà à dépasser de 6 % ses niveaux d’émission de CO2 pour 2019-2023 !

Alors le gouvernement peut fanfaronner sur l’obtention d’une vice-présidence française à l’agence onusienne de l’environnement, le Président peut clamer qu’il faut faire « plus vite, plus haut, plus fort » sur l’écologie… mais les actes concrets sont à l’inverse. Et tenir ses promesses de la COP 21, ce serait déjà un objectif minimum !

La macronie, au mépris des gilets jaunes, a essayé de relancer l’idée d’une augmentation de la taxe carbone. 77 % des Français y sont défavorables, marque d’un refus de l’écologie punitive. Il est grand temps de passer à une écologie positive en prenant des mesures incitatives pour le plus grand nombre !

Et n’en déplaise aux tenants de l’idée que l’écologie est « au-dessus des partis », « ni de droite, ni de gauche », idée expérimentée par Nicolas Hulot avec le succès que l’on sait, il faudra choisir : c’est soit le marché et la loi du profit, principaux moteurs de la dégradation climatique, soit des règles politiques fortes, financées par ceux qui possèdent les richesses (et polluent), pour gagner la bataille pour la protection de la planète !

Besoin d’une révolution écologique et sociale !

Si on veut sauver le climat, il faut s’attaquer aux racines du mal, sortir du « système », c’est-à-dire sortir du capitalisme qui met la préoccupation du profit bien au-dessus du souci de protéger la planète, qui produit les pollutions que l’on connait. Il faut une révolution écologique et sociale ! À titre d’exemple, la mondialisation capitaliste se traduit par des échanges commerciaux mondiaux accrus, des productions dans les pays à bas coûts salariaux… mais à fort coût environnemental, puisqu’il faut transporter les marchandises sur de longues distances, et c’est très polluant, très émetteur de CO2. Alors, oui, il faut changer de modes de production, produire local chaque fois que c’est possible. Pour la planète comme pour nos emplois.

Et, sans attendre le grand soir de la révolution écologique et sociale, on peut agir immédiatement pour le climat. En prenant des mesures d’urgence. Nous proposons de réduire les émissions de carbone produites par les transports (le principal émetteur de carbone en France avec 29 % des émissions) : En passant à la gratuité des transports en commun ; en développant le transport ferroviaire fret et passager pour s’attaquer au transport « tout camion » - il faut que l’Europe décide d’un plan de grands travaux ; en privilégiant les circuits courts agricoles comme industriels. Nous proposons également la rénovation thermique de 1 million de logements pour agir là encore très concrètement sur la réduction des gaz à effet de serre.

Toutes ces mesures sont de l’ordre de l’écologie positive : elles redonnent un peu de pouvoir d’achat aux familles, elles créent des emplois. Et pour financer tout cela, nous proposons que la BCE réoriente l’argent : plutôt que de financer les marchés financiers, elle peut financer par des prêts à 0 % un fonds européen de développement social et écologique, de développement des services publics.

Portons ces propositions dans le débat public et l’action. Elles sont bien accueillies. Elles marient les actions concrètes de proximité à but de changement immédiat et une visée révolutionnaire de plus long terme. Du communisme vert.

Alain Pagano, membre du CEN, responsable à l’écologie

Source:

Parti Communiste Français

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