22 | 05 | 2019

COMITÉ CENTRAL DU PCC, 9 & 10 FÉVRIER 2019

À la fin du moisde janvier, le caucus du nouveau gouvernement de la CAQ s’est réuni à Gatineauafin de préparer la session parlementaire qui a débuté le 5 février dernier.Fort du soutien que lui a démontré les sondages, le nouveau Premier MinistreFrançois Legault a réitéré l’intention de son gouvernement de faire adopteravant la fin de la session une loi interdisant aux personnes en position decoercition – juges, policiers, gardiens de prison et procureurs – ainsi qu’aux enseignantes des écoles publiques, considérées en position d’autorité – leport de signes religieux. Par ailleurs, il a aussi annoncé que lesécoles privées, bien que subventionnées à 60% par l’État, ne seraient pas quantà elles soumises à sa loi.

François Legaulta admis qu’il y avait des discussions au sein de son caucus sur la possibilitéd’inclure une clause grand-père qui pourrait permettre aux gens déjà en emploid’échapper à la restriction du port de signes religieux, mais ajoutant quequant à lui, il n’aimait pas cette idée et qu’il était prêt, si nécessaire, àcongédier les récalcitrant-e-s. Il a du même coup réitéré son intentiond’invoquer la clause « nonobstant» s’il s’avérait que sa loi soit déclaréeinconstitutionnelle.

Le 29 janvier,jour anniversaire de la tuerie de la Mosquée de Québec, le Premier ministre arejeté l’idée d’instituer une journée nationale contre l’islamophobie qui,selon lui, n’existerait pas au Québec, semant la consternation dans lacommunauté musulmane.

Il a été soutenuavec enthousiasme par la mairesse suppléante de Gatineau qui a déclaré aujournal Le Droit que l’islamophobien’existait pas et que les musulman-e-s ne s’intégraient pas. Selon elle, il estnormal d’avoir peur des musulman-e-s, laissant entendre qu’ils pouvaient êtredes terroristes.

Quelques joursplus tard, allant bien au-delà de la question de la laïcité de l’État, lanouvelle ministre fraîchement nommée de la Condition féminine, Isabelle Charest,s’est permis de faire part de son aversion pour le voile musulman déclarantqu’il est un symbole d’oppression de la femme. Elle a expliqué que le port dece vêtement ne correspondait pas à « ses valeurs » et empêchait unefemme de s’épanouir. Or, la laïcité de l’État ne suppose pas qu’il soit athée, ni d’une quelconqueforme religieuse, mais seulement qu’il soit neutre. Néanmoins, lePremier Ministre s’est refusé de corriger les propos de sa ministre.

Ces déclarationsmalheureuses sont considérées par les médias comme des impairs depoliticien-ne-s encore inexpérimentés. Mais objectivement elles contribuentdéjà à enflammer le débat qui reprend de plus belle et à approfondir le clivagesocial, au point qu’on pourrait croire que le gouvernement applique délibérémentau Québec les mêmes tactiques que Donald Trump aux États-Unis.

Encore une fois,on peut voir que les médias sociaux commencent à être inondés de proposhaineux. La situation risque de devenir semblable à celle vécue à l’époque dela Charte des valeurs du PQ en 2013. Pourtant, il n’existe pas réellement de crise sociale ou de raisonsurgentes qui commandent de légiférer en toute hâte. Le gouvernement n’agitseulement qu’en fonction des intérêts dela classe dominante et non pas en fonction des intérêts de la classe ouvrièredu Québec.

Tout cela permeten même temps à la CAQ de détourner l’attention des véritables enjeux quiintéressent directement les travailleuses et les travailleurs. Déjà à l’issuede son caucus de fin-janvier, le gouvernement indiquait des intentions d’effectuer des compressions budgétaireset des coupes de poste par attrition dans la fonction publique et parconséquent de services dans l’ensemble des ministères afin de financer sespromesses électorales. Il promet en quelque sorte de faire perdurer l’austéritébudgétaire du gouvernement précédent.

Les organisationssyndicales dont les membres sont concernés par l’interdiction du port de signesreligieux, comme les enseignant-e-s, ont clairement manifesté leur intention derésister fermement à toute loi qui brimerait leurs droits fondamentaux. Commeil l’a déclaré, Legault sait bien que sa loi contre le port de signes religieuxne passera pas comme une lettre à la poste, mais il espère que le peuple vatomber dans son piège et se laissera diviser.

Le Particommuniste encourage au contraire la classe ouvrière, ses organisations et lepeuple du Québec de se tenir solidairement contre les manœuvres de division dugouvernement, de ne pas se laisser divertir par les sirènes de l’intolérance etdu racisme, afin d’être capable de faire reculer son programme d’austériténéolibérale.

Le Particommuniste réitère son soutien total à ce que le 29 janvier soit déclaréjournée d’action pan-canadienne contre l’islamophobie.

Source:

Parti communiste du Québec (section du PCC)

Real time web analytics, Heat map tracking